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Foley
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Cinq choses à savoir à propos de Foley

Bassiste, guitariste, batteur, ce musicien à éclipses, peu connu du grand public, a côtoyé les grands noms de la black music. Il fait son come-back à Jazz à La Villette entouré d’un casting alléchant. Mais qui est l’insaisissable Foley ?

1. Miles Davis l’adorait

De 1987 à 1991, année de la disparition du trompettiste, Foley (de son vrai nom Joseph McCreary) a fait partie de l’orchestre de Miles Davis, qui a régulièrement dit publiquement combien il appréciait ce musicien, tant pour ses excentriques tenues de scène que pour sa musicalité. Comme avec le saxophoniste Kenny Garrett, Miles Davis aimait jouer en duo avec Foley et mettre en scène leur tête-à-tête musical. Le bassiste Darryl Jones ayant fait partie de la même équipe (avant de devenir l’accompagnateur attitré des Rolling Stones), il y a fort à parier que l’ombre tutélaire de Miles planera sur leurs retrouvailles, le dimanche 3 septembre au festival Jazz à la Villette.

MILES DAVIS & FOLEY clownin' on VH1 '87

2. Il ne joue ni de la basse, ni de la guitare, mais de la « lead bass »

Même s’il est capable de slapper férocement dans la lignée de Larry Graham et Marcus Miller, Foley a une manière bien à lui de jouer de la basse : il a développé son propre instrument, une basse électrique piccolo, c’est-à-dire accordée quasi une octave au-dessus de la normale, qui, du coup, sonne comme une guitare, lui permettant de passer tour à tour d’envolées lyriques à la Hendrix à des cocottes funky en passant par les accents déchirants du blues.

MILES DAVIS - Don't Stop Me Now

3. Il a tourné avec George Clinton… comme batteur !

Alors qu’on n’avait pas eu de ses nouvelles depuis un petit bout de temps, Foley est réapparu là où on ne l’attendait pas : derrière une batterie ! Et pas dans n’importe quel groupe, puisqu’il s’agissait de Parliament Funkadelic, de George Clinton, père du P-Funk. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps, Clinton ayant assuré plusieurs featurings sur le tout premier album de notre homme, en 1993. Avec son blouson jaune fluo, Foley ne risquait pas de passer inaperçu.

FOLEY on drums with GEORGE CLINTON on The Late, Late show

4. Il n’a pas publié d’album depuis 1993 et il s’en moque

Un premier disque sur le prestigieux label Motown… et puis silence radio ! « La musique enregistrée ne vaut plus rien », écrit-il sur son site, avant d’adresser plus loin ce conseil à ses pairs : « Ne vous fatiguez pas, arrêtez d’enregistrer », convaincu que la seule valeur de la musique qui ne se déprécie pas est la capacité d’un musicien à assurer le spectacle et son meilleur allié le talent qu’il développe sur son instrument. La preuve, son come-back suscite la plus grande curiosité… sans le moindre album en vue !

5. Il est l’un des secrets les mieux gardés de la black music

Foley fait partie de ces musiciens à éclipses, qui disparaissent et réapparaissent périodiquement dans la galaxie de la black music. Après ses débuts avec Miles Davis, il a tourné avec Arrested Development, fait le son pour Prince, collaboré avec Chaka Khan… Comme ses idoles Jimi Hendrix, Sly Stone, Prince ou George Clinton, c’est un artiste insaisissable. Dernièrement, on a pu l’entendre faisant la paire à la basse avec le phénoménal batteur Chris Dave au sein des DrumHeadz. Il a réapparu du côté de Dallas, où vivent Larry Dunn (ex-Earth, Wind and Fire) et Bobby Sparks (RH Factor, Snarky Puppy), qu’il a conviés aux claviers à ses côtés pour son concert événement à Jazz à la Villette. À découvrir en direct, avant qu’il ne s’enfuie à nouveau.

Chris Dave Trio - You're Under Arrest LIVE

Vincent Bessières

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